Article publié sur le site Internet du journal La Provence le 04/12/2012 – Les maires ont été reçus hier par la ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu.

3 maires de la Communauté du pays d'Aix - qui compte 34 communes - ont fait le déplacement hier jusqu'à Paris. Photo : Serge Mercier.Débarquer devant un ministère parisien écharpe tricolore en bandoulière, les élus du pays d’Aix, en ont – presque – l’habitude. “Mais cette fois, nous sommes invités”, corrigeait le maire d’Aix, UMP, Maryse Joissains. Hier après-midi, vingt-trois maires (ou un de leur représentants) sur les 34 que compte la Communauté du pays d’Aix avaient répondu présents au rendez-vous rue de Lille, au ministère de la Décentralisation pour une réunion de travail sur la métropole.

Avec un seul leitmotiv : cette métropole intégrée, voulue par l’Etat et qui ferait disparaître les intercommunalités existantes, ils n’en veulent pas. Trois heures de TGV leur ont laissé le temps de refaire le monde – et la métropole – et laisser émerger les indignations des uns et la meilleure façon d’en sortir pour les autres.

Maryse Joissains se disait, néanmoins “confiante” : “On ne refuse pas tout en bloc, on vient avec des propositions cohérentes”. En l’espèce, la création d’un pôle métropolitain – institué par la réforme des collectivités voulue par Nicolas Sarkozy votée en 2010. “On veut bien sauver le soldat marseillais mais pas à n’importe quel prix : on ne veut pas d’un gros machin qui mettra dix ans à se mettre en place : avec un pôle métropolitain qui aurait pour compétences les ports, les universités, les transports et la coordination économique avec un contrat avec les conseils général, régional et l’Etat”.

Reste le discours et la méthode. “Economiquement, il y a urgence pour développer des filières comme celle de l’aéronautique par exemple mais construire un projet, apaiser les peurs, cela prend du temps“, plaide le maire PS de Vitrolles, Loïc Gachon quand les maires de Peynier (UMP) ou Mimet (SE) restent dubitatifs : “Vous croyez vraiment que la Métropole va régler d’un coup la question des transports ?”. “La CPA, c’est déjà trop grand”, souffle Christian Burle.

“Un syndicat mixte sur des dossiers particuliers, c’est ça qu’il faut”, rétorque Georges Cristiani, avec dans la poche, une motion de l’union des maires réclamant l’abandon du projet. “Le pays d’Aix ne sera plus attractif pour les entreprises si on se met à tout mettre derrière le nom de métropole”, est convaincu le maire de Beaurecueil. Tous râlent de “ne pas être suffisamment consultés”. Sur les quais de la gare de Lyon, Maryse Joissains remarquait : “Là on arrive à une trentaine mais on pourrait être plus de cent la prochaine fois…”.

Finalement, après deux heures de “négociation”, tous ont reconnu “une grande écoute”. Mais si “le marketing a changé, le fond reste le même”, notait Philippe Charrin, maire de Vauvenargues. “Ce que nous voulons conserver, c’est la proximité et la maîtrise de nos finances. Nous avons obtenu de la ministre qu’il n’y aura pas de métropole intégrée (sur le modèle de la réforme Sarkozy), nous sommes un peu rassurés mais nous restons vigilants”.

L’ouverture soudaine de discussions avec les élus – Marylise Lebranchu va recevoir les maires des autres intercommunalités des Bouches-du-Rhône – les met désormais devant leurs “responsabilités”. “Depuis quatre ans, on ne nous a jamais donné la parole, soulignait Jean-David Ciot. Aujourd’hui, on nous dit : ‘Venez écrire la suite’. Pour ceux qui ont l’habitude d’être contre, d’un coup, c’est plus compliqué”. Histoire de montrer leur détermination, les réunions prévues aujourd’hui et demain par le préfet Thery en charge du dossier seront boycottées. Comme prévu.

Alexandra Ducamp