Article paru sur le site Internet du journal La Provence le 25/12/2015.

Elle avait promis de les enquiquiner jusqu’au bout s’ils méprisaient son propos. Et elle a tenu parole. Après la douche écossaise de ces derniers jours, les relations sont devenues glaciales entre le maire d’Aix, Maryse Joissains, et le préfet de région, Stéphane Bouillon.

Répondant au “coup de massue” du Conseil d’État, qui a suspendu les arrêtés sur la répartition des sièges au sein de la future institution – devenue du coup incertaine -, le haut fonctionnaire, obéissant aux injonctions du Premier ministre, affirmait le contraire 48 heures plus tard, dans un courrier adressé aux maires de Marseille et d’Aix. Forcément, le sang, déjà bouillonnant, du maire aixois n’a fait qu’un tour.

Dès le lendemain, la farouche “anti-monstropolitaine” annonçait l’imminence de deux recours contre la missive préfectorale. “Une violation caractérisée de la décision du Conseil d’État”, fustigeait-elle. Et ce ne sont pas les quelques phrases de Dominique Tian, 1er adjoint au maire de Marseille, l’invitant à arrêter “ce jeu de massacre”, qui ont tempéré ses ardeurs. Au contraire. Hier, un cran de plus a été franchi avec “la sommation adressée par huissier de justice” au préfet Bouillon. À la requête de Maryse Joissains, agissant en qualité de maire et en qualité de présidente de la communauté du Pays d’Aix, la SCP Duplaa-Musso somme donc le préfet de région de “ne prendre aucun acte conduisant à l’entrée en fonction de la métropole en méconnaissance des décisions de justice déjà intervenues et avant l’intervention du Conseil constitutionnel” et de “laisser continuer à fonctionner les établissements publics de coopération intercommunale existants conformément aux indications de l’arrêt du Conseil d’État du 18 décembre 2015”. Qu’il semble loin le temps où ces deux représentants de la République commémoraient, côte à côte, l’armistice du 11 novembre 1918, au cimetière de Luynes . C’était il y a plus d’un mois. Soit, un siècle, au vu des dernières batailles sur le front métropolitain.

Dominique Tian : “Arrêtez le jeu du massacre !”

Le premier adjoint au sénateur-maire de Marseille a réagi hier aux propos de la maire d’Aix, Maryse Joissains, sur la Métropole, à la suite du courrier que le préfet à envoyé à Jean-Claude Gaudin pour lui demander d’assurer ses fonctions à compter du 1er janvier. “Les électeurs nous ont adressé un message lors du premier tour des élections régionales à travers une forte abstention et un vote important pour l’extrémisme. Certains élus ne l’ont pas bien entendu !“, dit-il dans un communiqué. “Quand ces élus contestent une loi qui a été votée et remettent en question la création officielle de la Métropole, ils continuent en effet à plonger dans le désarroi nos concitoyens vis-à-vis des pouvoirs publics. Qu’ils arrêtent la caricature, le dénigrement et l’injure, dignes d’un jeu de massacre où la démocratie a tout à perdre !, demande-t-il avec fermeté. Il en va de l’image et de la crédibilité de nos institutions et du personnel politique comme de l’avenir de notre ville et de notre territoire. Chacun connaît l’attachement du maire de Marseille aux règles et aux lois de la République, même quand elles ne rencontrent pas son approbation. Que certains élus adoptent la même attitude ! Il est urgent que notre Métropole avance pour l’emploi, les transports et le développement de notre territoire“, conclut Dominique Tian.