Samedi de 11h à minuit, le festival “South Metal Fest” réunira 10 groupes français dont Dagoba avec food-trucks , stands, etc… face à Sainte-Victoire.

« South Metal Fest »

De la musique au pied de Sainte-Victoire, ce n’est pas nouveau. Son calcaire doit garder un souvenir ému du Berliner Philarmoniker qui jouait, en 2006, la 5e symphonie de Mahler dans les anciennes carrières de Puyloubier. Du jazz, il y en eut et il y en aura encore. De même, la variété n’a pas été oubliée avec le patchwork des récentes Nuits de Trets. Mais côté musiques actuelles notables, on ne se souvient guère que de l’écho éloigné du festival Zik-Zak à Aix. Et pour un événement pop d’ampleur, il faut carrément remonter à ceux du rocambolesque festival de Saint-Pons qui avait attiré 40 000 jeunes en 1969. Époque bénie du Flower-Power qui voyait un général d’armée et non moins secrétaire général du Festival d’art lyrique, organiser ce Woodstock français sur un terrain prêté par une famille de la noblesse aixoise. Quarante-six ans plus tard, le dictât boursier a broyé ce rêve commun d’un monde meilleur.

Une image d’enfant terrible

Mais samedi à Peynier, le “South Metal Fest” prouvera que des gens continuent de se battre pour donner la parole à tous les membres de la famille musique. En l’occurrence, à ce rock “metal” qui assume son image voulue d’enfant terrible. Mais souffre un tantinet de la vision caricaturale que le citoyen non initié peut avoir de son univers divers et complexe…

Savoir que les instigateurs de l’événement Christina Holler et Frédéric Palm, se sont connus professeur et élève d’une sage école de commerce, tuera déjà l’idée reçue que ce genre ne passionne que bikers et marginaux désocialisés. Et le sérieux semble itou au rendez-vous côté organisation et cohérence d’un programme 100 % français qui ménage une belle part aux groupes régionaux. Rendez-vous pour la confirmation dès 11 h avec le premier accord de guitare qui fera vibrer la roche de Sainte-Victoire. Et à minuit pour savoir si tout s’est bien déroulé selon le plan.

Manuel Gros, Journal La Provence, 11/06/2015