Article publié sur le site Internet du journal La Provence le 24/05/2013 – 109 maires appellent à manifester ce samedi matin à Mimet. Objectif : maintenir la pression jusqu’à l’examen de la loi au Sénat le 30 mai prochain.

Le bras de fer a débuté en décembre dernier : les élus, dont Georges Cristiani (à droite) avaient boycotté la séance de travail avec la ministre Marylise Lebranchu.Nouveau baroud demain, écharpes en bandoulière, sur le toit du département à Mimet.

À 512 mètres d’altitude et dans le fief du porte-parole de l’union des maires – Georges Cristiani (SE) – le message passera peut-être mieux. Les 109 maires des Bouches-du-Rhône (sur 119 communes) et sept sénateurs appellent “à manifester et à proposer” demain matin sur la place du village.

Ils l’ont pourtant déjà dit sur tous les tons. Le projet de loi “de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles“, ils n’en veulent pas. On leur a fait savoir, aussi : leurs contre-propositions – notamment la mise en place d’un établissement public de coopération sans fiscalité unique – leurs amendements, le gouvernement Ayrault n’en veut pas non plus.

Le monstre aux 7 000 fonctionnaires

De consultations cordiales dans les ministères ou dans les salons du parlement en manifestations sur le pavé, les élus locaux, toutes tendances confondues, entretiennent depuis le mois de décembre, et le boycott de la conférence métropolitaine avec la ministre Marylise Lebranchu, un rapport de force constant.

Sans aucune victoire à ce jour. Mais sans jamais concéder la victoire par K.-O.

Nouveau round, demain donc à dix heures, où ils dérouleront de nouveau l’argumentaire sur la création d'”une nouvelle administration gigantesque et coûteuse, de 7 000 fonctionnaires pour 90 communes et 2 millions d’habitants“.

Le plus grand risque est démocratique, assure l’Union des maires. C’est la création d’un nouvel élu : le conseiller métropolitain dans un niveau supplémentaire politico-administratif qui n’intéressera plus les citoyens. Cette loi gaspillera la chance de la France de voir encore, à notre époque, 80% des électeurs se rendre dans les bureaux de vote pour élire leurs élus municipaux.”

Des élus municipaux qui sont aussi des grands électeurs pour les sénatoriales de 2014

Qui ne se priveront pas de le rappeler aux sénateurs qui débattront du projet de loi à partir du 30 mai.

En marge de la manifestation prévue, ils rappelleront comment la Haute assemblée a basculé pour la première fois de son histoire à gauche en 2011. Une sanction des mêmes élus locaux après la réforme des collectivités voulue par Nicolas Sarkozy, qui sacralisait déjà la création de métropole…

Alexandra Ducamp